Résumé : Nous étions 5 à partir explorer la belle région du Ruhle. La montée au refuge par la crête des Isards est de niveau R4 et offre des vues de toute beauté, en particulier sur la vallée du Najar.
Quoique essentiellement sur sentier, l'ascension au Pic de Ruhle est plutôt de niveau R5. Elle procure des vues superbes sur la région de Juclar et la vallée d'Albe parsemées de lacs qui tranchent avec l'ambiance austère de la haute montagne.

Date : 12 & 13 septembre 2026

Participants : Aurora Arroca, Steve Bissel, Yves Guillaume, Patrick Gillaux, Dominique Liot

Niveau: Le samedi, la randonnée est de niveau R4 du fait des 800 m de dénivelé. Le dimanche la longueur et le dénivelé conduisent à une cotation R4. Néanmoins la raideur du sentier qui mène au pic du Ruhle, le chaos sommital où il faut souvent s'aider des mains et l'ambiance austère de la Haute Montagne militent pour une cotation R5.

Temps : Ensoleillé et chaud le samedi et le dimanche

Détails :

La canicule estivale n'en finit pas. Le mois de septembre s'annonce de la même veine : chaud et sec.

 

Samedi 12 septembre

Nous nous retrouvons tous les cinq vers 9h45 au petit parking situé peu après le barrage de Laparan (1545 m), au fond de la longue vallée d'Aston. Au début, le chemin (GRT) est raide pour franchir le ressaut d'entrée de la vallée du Rieutort. Il est néanmoins bien tracé, faisant de nombreux lacets dans les bois. La pente s'adoucit peu à peu avant de déboucher dans des prairies paisibles. Malgré l'été sec, il y a encore des zones humides et le torrent a encore un bon débit.

Le Pic de Ruhle et la vallée du Rieutort

Après 1h15 et 300 m de dénivelé nous arrivons à la cabane du Rieutort (1826 m), manifestement occupée par un berger. Nous quittons alors le bon sentier qui franchit une passerelle et poursuit en direction du col de Riutort et du refuge du Ruhle. Et nous cherchons un peu celui qui monte à l'Est vers le col de la Didorte. Il est en effet peu marqué au départ. Heureusement, quelques cairns nous mettent sur la bonne voie et le sentier est de plus en plus visible au fil de la montée. Les cloches des vaches ne cessent de raisonner tout au long de la montée, un brin entêtantes.

Montée au col de la Didorte, vallée de Laparan au fond

Il est midi quand nous débouchons au col de la Didorte (2092 m) où nous trouvons le GR10.

Pic d'Espaillat depuis le col de la Didorte

Après une petite pause, nous le suivons sur une large croupe pour atteindre un sommet arrondi (2277 m), situé au dessus de l'étang d'Embizon et point de départ de la crête des Isards. Nous y mangeons, sous un soleil de plomb, sans vent, mais avec un large panorama sur les Monts d'Olmes, la carrière de talc de Luzenac, la vallée d'Ax, le Tarbesou et le domaine de la station de Bonascre. Le Pic de Ruhle est bien visible vers le sud et nous y cherchons l'itinéraire que nous emprunterons le lendemain.

Nous repartons vers 14h. La croupe arrondie laisse vite place à une crête étroite que le sentier longe en contre-bas en la rejoignant de temps à autre au niveau de quelques collets. Nous avons alors de beaux points de vue sur la vallée du Najar.
Il nous faut 1h30 pour arriver au col de Belh (2247 m), après être passés sous le pic de Lauzate et au pic de Belh (2380 m). Reste alors à franchir le col de Terre-Négre (2304 m) en un quart d'heure et nous voyons le refuge du Ruhle, 120 m en-dessous. Le Ruhle nous domine et les lacs de Fontargente miroitent au soleil.

Etang d'Embizon depuis la crête des Isards

Pic de Ruhle depuis le collet avant le pic de Belh

Sur la Crête des Isards

Nous nous installons au refuge du Ruhle (2185 m) vers 16h et prenons une bière bien méritée sur la terrasse ensoleillée où nous rôtissons doucement mais sûrement. Quelques-uns vont récupérer au frais dans le dortoir, et tout le monde se retrouve à 18h pour l'apéritif. Il fait toujours aussi chaud sur cette terrasse plein sud. Elle est bondée. Le refuge est quasiment complet et de nombreux campeurs s'installent à côté pour profiter de ses commodités.

Après le repas, le soleil ne tarde pas à se coucher derrière les crêtes et la température commence enfin à tomber.

 

Dimanche 13 septembre

Nous nous levons à 6h30, mais devons attendre 7h pour accéder au réfectoire et prendre le petit déjeuner. Nous partons peu avant 8h par le GR10 en direction de Mérens. Un petit vent frais nous oblige à mettre les coupe-vent et nous constatons que l'herbe sèche est givrée.

Au col des Calmettes (2318 m) nous quittons le GR10 pour aller vers le Pic du Ruhle (2783 m). Une dame seule qui nous précédait nous demande si elle peut se joindre à nous pour aller au sommet. Nous l'accueillons sans hésitation.

Dès le départ, quelques cairns mal placés nous égarent dans un chaos rocheux, alors qu'une sente passe dans l'herbe en contre-bas. Nous finissons par la rejoindre pour la suivre ensuite scrupuleusement. Elle évite en effet de nombreux pierriers qui ralentiraient la progression. Après un collet, elle s'engage sur une pente d'herbe rase mais raide. Le sentier est bien tracé, formant de nombreux lacets qui permettent de prendre vite de l'altitude. Nous atteignons la crête Est vers 2600 m au niveau de la Porteille du Ruhle et voyons un cairn qui indique le point de départ d'un cheminement qui descend vers l'étang de Couart et de là vers Mérens ou l'Hospitalet (par la couillade de Pédourres).


Sur la crête Est, au-dessus du col de la Porteille du Ruhle

Le sentier bifurque alors plein Ouest pour remonter une rampe sous une éminence, puis part à plat pour la contourner. Plus loin, il devient très raide pour rejoindre la crête. Il faut parfois poser les mains, mais il reste dans un environnement herbeux. De la crête le sommet semble tout proche, mais cette dernière est trop escarpée pour s'y aventurer. Il faut suivre des cairns sur le flanc nord. Ils balisent un itinéraire au milieu de gros blocs rocheux. Nous devons souvent nous aider des mains pour progresser où au contraire passer d'un bloc à l'autre en équilibre instable. Les cairns sont peu visibles et nous nous écartons souvent de l'itinéraire optimum. Nous débouchons enfin vers 10h20 au collet où arrive le couloir sud, entre les deux pointes du pic. Nous hésitons, laquelle est la plus haute ? Nous allons vers le sommet Ouest (2780 m), encore défendu par de gros blocs rocheux. Finalement, un cairn sur la pointe Est, plus facile d'accès, nous indique que nous avons du nous tromper !


Steve et Aurora dans le chaos sommital de la Pointe Ouest du Ruhle

Etang de Couart (à gauche) et Etang de l'Albe (à droite)


Patrick et la Pointe Est du Ruhle

Etang de Joclar

Etang de Couart

Après une bonne pause pour nous restaurer et profiter d'un panorama immense, nous entamons la descente vers 11h. Cette fois la lignée de cairns dans le chaos sommital est bien visible et nous progressons vite au milieu des blocs pour retrouver la crête Est et le chemin. La descente est rapide. Nous croisons des randonneurs partis très tardivement du refuge. Nous abandonnons Cécile peu avant le col des Calmettes. Elle a encore 1600 m à descendre pour rejoindre Mérens par le GR10. Pour nous, ce sera juste 800 m.


Patrick sous la crête sur un sentier bien raide


Descente dans le chaos sommital

Nous passons à proximité du refuge pour rejoindre le col de Riutort (2245 m) par le GRT qui traverse de larges estives. Nous mangeons au col vers 12h45. Le soleil nous accable. Quelques moutons se sont abrités derrière de petits rochers pour profiter de leur ombre. Nous projetions initialement de suivre la crête du pic de Pradel pour descendre ensuite vers l'étang de Ruille et y retrouver le GRT. Mais l'ascension du Ruhle nous a éprouvés et nous préférons descendre directement par le GR.


Le Pic de Ruhle depuis le col du Riutort

Nous repartons avant 14h par des estives vers l'étang de Ruille (2020 m). Vient ensuite la passerelle sous la cabane du Riutort où nous retrouvons le chemin de la veille. Nous avons soif et nous prenons de l'eau dans le torrent malgré les troupeaux alentours, en prenant la précaution de la filtrer ou de la traiter.

Etang de Ruille

Nous arrivons aux voitures vers 16h, heureux d'avoir passé un très beau week-end en Ariège.